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La capacité politique des citoyen.ne.s : la citoyenneté comme expérience

…Une autre critique se fait entendre aujourd’hui. Elle repose sur un double constat : la démocratie ne parvient pas à honorer les promesses d’égalité et de liberté qu’elle porte ; et la politique est devenue le domaine réservé d’un milieu de professionnels qui en a fait son métier, en écartant les citoyen.ne.s de la délibération et des décisions en matière d’affaires publiques.

La situation actuelle de la démocratie représentative est marquée par le fait que le suffrage universel a perdu une grande part de sa légitimité, au sens où ce qu’il avait de miraculeux — le fait pour les dirigeant.e.s de pouvoir affirmer : « vous nous avez élu.e.s, alors vous devez accepter ce que nous faisons en votre nom ! » — s’est effrité. Le consentement des gouverné.e.s est de moins en moins aveuglément accordé à ceux et celles qui ont gagné dans les urnes. Cette étonnante ingratitude du « peuple souverain » peut être envisagée de deux manières : soit comme une preuve d’infantilisme ou d’irrationalité ; soit comme la manifestation du désir d’exercer un véritable droit de regard sur l’action des gouvernant.e.s…

Extrait de :

49-1 | 2019
Exégèse et lectio divina dans la péninsule Ibérique médiévale
Albert Ogien
p. 275-278

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